21 septembre 2008
Si Stephen Harper a tout promis aux Québécois, il n’a rien compris à la nation québécoise
Montréal, le dimanche 21 septembre 2008 – « Si Stephen Harper a tout promis aux Québécois, il n’a rien compris à la nation québécoise. Pendant la dernière campagne électorale, il a promis au Québec de régler le déséquilibre fiscal et a ensuite reconnu de façon purement symbolique la nation québécoise. Or, il s’est arrêté en chemin, bien loin des consensus et des aspirations du Québec. Il a dit non au gouvernement du Québec, qui exige de pouvoir décider par lui-même, avec tous les moyens financiers que cela suppose, de son avenir culturel, et encore non au règlement complet du déséquilibre fiscal. Stephen Harper pensait sans doute qu’il suffisait de lancer des mots doux aux Québécois pour arriver à ses fins et imposer ses vues au Québec, mais c’est bien mal connaître les Québécoises et les Québécois », a déclaré le chef du Bloc Québécois, Gilles Duceppe.
La culture, l’affaire des Québécois
« Stephen Harper doit comprendre que la culture pour la nation québécoise, c’est de nos affaires. Personne au Québec ne va accepter qu’Ottawa nous dicte, avec ses coupes sauvages, comment on doit s’occuper de notre culture, surtout pas à partir de standards moraux qui sont complètement étrangers à la société québécoise. La ministre du Patrimoine, Josée Verner, a beau dire que les gens ne lui parlent pas des compressions en culture, les gens cliquent sur Internet et moi, j’ai entendu des Québécois de toutes les régions s’indigner », a enchaîné Gilles Duceppe.
Le déséquilibre fiscal perdure
« Quoi qu’en dise Stephen Harper, le déséquilibre fiscal n’est pas réglé. Je ne suis pas le seul à le dire, les trois chefs de partis à l’Assemblée nationale le disent aussi. Pour éliminer complètement le déséquilibre fiscal, ça prend une hausse des transferts fédéraux en éducation de 800 millions de dollars. Jean Charest l’a encore rappelé cette semaine. Ça prend aussi des transferts de champs fiscaux. C’est la base du rapport Séguin. Et comme l’a promis Stephen Harper mais sans livrer la marchandise, pour éliminer le déséquilibre fiscal, il faut enfin mettre un terme au pouvoir de dépenser que le fédéral s’est arrogé. Plus directement, ça veut dire que le fédéral doit se mêler de ses affaires », a aussi affirmé Gilles Duceppe.
« En somme, régler le déséquilibre fiscal, ça veut dire transférer au Québec son propre argent et laisser la nation québécoise décider pour elle-même. Si Stephen Harper était sincère, les ressources fiscales qu’il utilise pour se mêler des affaires du Québec, il les redonnerait à la nation québécoise », a encore plaidé le chef du Bloc Québécois.
« Je rappelle aux Québécoises et aux Québécois que cette arrogance et cette incapacité à comprendre le Québec surviennent alors que Stephen Harper dirige un gouvernement minoritaire. Donner une majorité à Stephen Harper, c’est donner tout le pouvoir à quelqu’un qui n’a rien compris à ce que nous sommes et à nos aspirations. Il n’y a qu’un moyen d’éviter ça et c’est d’appuyer le Bloc Québécois », a conclu
Gilles Duceppe.